samedi 14 janvier 2012

Jumpseat 1

Lundi 19 décembre 2011

C'est le départ pour les fêtes, les vacances sont arrivées.
Le vol UU975, régulier d'Air Austral entre RUN et Paris CDG est prévu pour 21h00. C'est sur le 777-300ER F-OSYD que je devrais passer la nuit. Ça faisait un moment que j'attendais de pouvoir voyager de nouveau pour tenter un jumpseat.

Les conditions météo sont plutôt bonnes en début de soirée mais une dégradation est prévue pour la nuit et les jours suivants. Quelques grains commencent cependant leurs visites sur le terrain.
A l'embarquement, je demande au chef de cabine principal, assez speed en préparation du vol, s'il pense que les pilotes m'accepteraient pour une partie du vol en poste. Aucun signe positif de sa part, il me dit qu'il demandera mais pas très convainquant. Bref.

Dehors, ça ne s'améliore pas. Il pleut pendant tout le chargement de la soute. Le push-back, et la mise en route des moteurs, toujours aussi bruyante se font face à l'ouest. Le temps se dégrade rapidement, le vent souffle fort et semble tourner et les éclairs arrivent. Le vent et la pluie qui frappent les surfaces sont assez impressionnants de l'intérieur. Je suis surpris de voir apparaître à la dernière "minute" avec le peu de visi restante un 737 se poser dans de telles conditions.
Après une vingtaine de minutes d'attente à l'arrêt à cause du trafic mais aussi certainement de la météo, nous remontons la piste pour nous aligner en piste 30, le vent assez soutenu venant désormais de l'ouest. Cette fois les flashes des éclairs sont fréquents. Une fois alignés, nous devons encore attendre. Jusqu'au "PNC préparez vous au décollage" qui veut tout dire =). Même si je sais que c'est bien ridicule, j'appréhende un peu le décollage, premier dans de telles conditions !

La puissance est affichée, les baleines chantent et les moteurs ronflent. C'est parti pour un roulage au décollage qui bouge pas mal. On ressent les coups de palonniers appliqués pour tenir l'axe qui a du mal a resté aligné avec l'avion ! Une fois en l'air, de belles turbulences secouent la carlingue de haut en bas mais aussi, et on y est moins habitué latéralement, de gauche à droite. Dehors, la foudre frappe un peu partout, y compris notre appareil, quelques minutes après avoir quitté le sol et à plusieurs reprises je pense !
J'ai filmé le décollage et une partie de la montée, j'aurais pu faire de beaux ralentis, mais hélas j'ai perdu les vidéos après un problème de carte mémoire quelques jours plus tard. Heureusement, j'avais mis en ligne quelques captures d'écran avant de tout perdre.

Voici donc ce qu'il reste de cette aventure.





Le foudroiement semble se dérouler en deux temps, un premier où l'aile prend la charge et un second où elle la restitue pour rejoindre le sol. Enfin "on aurait dit", je n'ai plus la vidéo =(.
En prenant de l'altitude et en continuant notre route, le vol redevient calme, on peut se détendre.

Après un très bon repas et une courte nuit la tête sur le hublot ou écrasée sur le plateau repas, c'est le petit déjeuner. Personne n'est encore venu me voir. Je devine qu'on m'a certainement oublié, c'était à prévoir. Alors que nous survolons la Suisse, juste après le petit déjeuner, je vais à la rencontre d'une hôtesse et lui demande pour la visite du poste. Un coup de fil à l'avant et l’hôtesse me fait signe de venir. C'est OK pour le poste. Direction donc le nez de l'avion. Problème, les PNC des classes Affaire et Club Austral sont en service pour le petit déjeuner, il faut attendre. J'ai donc attendu, je pense bien une quinzaine de minutes à me glisser entre les chariots et les PNC, ce qui m'a permis d'être témoin de la bonne ambiance et la bonne entente du personnel de cabine, avant qu'une nouvelle hôtesse ne m'accompagne jusqu'au poste.

A l'avant, je retrouve le CCP toujours aussi speed qu'au départ qui fait signe que c'est bon, la porte du poste m'est ouverte et j'entre, étonnamment pour la première fois, dans le plus beau bureau du monde, le sourire jusqu'aux oreilles. Le bruit sourd de l'arrière de la cabine qui était devenu plus calme à l'avant laisse place au son plus aigu qui règne dans le cockpit. Les pilotes sont très agréablement sympathiques, très simples et ouverts : c'est "Riri, Fifi et Loulou", qui lui n'est pas encore là. A la tête du vol, Thierry alias Riri (CDB) et aux commandes, c'est Philippe que j'avais bien déjà rencontré sur un DVD Flight Deck Action de Vicking Aviation. A peine assis, la discussion s'engage avec le CDB sur l'ULM et le triple7-300, mais sera courte puisqu'il faut préparer la descente. Il faut sonner le second copi qui est au rest. Le CDB check ce qui se passe derrière grâce au caméras du GMCS (Ground Maneuvering Camera System) même si c'est pas du maneuvering et le second OPL arrive pour le briefing quelques secondes après.
Les paramètres pour l'atterrissage sont annoncés, ce sera certainement la 26 droite. Les esprits se portent ensuite sur la configuration de l'AutoBrake en fonction du taxiway de sortie. Après consultation des cartes et tableaux de performance, la décision prise est l'autobrake 4 avec un complément aux pieds si ça ne suffit pas, autobrake max étant trop violent.

Après le briefing, le CCP entre et demande au CDB une visite pour deux enfants de je ne sais plus trop quoi ou qui. Peut-être des UM mais pas de grande pancarte attachée autour du cou... Enfin bref, ces petits me volent ma place, je retourne m’asseoir à l'autre bout de l'avion en demandant au passage, les yeux doux, pour l'atterrissage. C'est bon pour l'atterrissage. Thierry prend mon nom et me fera appeler pour la descente. A peine en train de m’asseoir à l'autre bout de l'avion, une hôtesse me fait signe. De nouveau c'est la course vers le poste, la descente commence et il faut s'attacher rapidement. Je passe un nombre impressionnant de rideaux séparant les différentes classes et arrive enfin. Direction le jumpseat droit, il faut attacher rapidement la ceinture, en étoile à 5 branches, le "copi2" m'aide, et c'est parti pour une petite demie heure de descente sur Paris CDG.

L'aiguille du variomètre sur le PFD est bien passée au négatif, l'altimètre a quitté le FL360 pour le FL110 si ma mémoire est bonne. Une bonne ambiance règne dans le cockpit. Les pilotes sont décontractés même si on pourrait presque l'oublier, ils restent concentrés et efficaces sur le vol.
Pendant la descente, le copi2, assis à côté de moi, m'explique les particularités du triple7-300 (points positifs) et ce qui se passe du point de vue navigation. Il me confirme aussi que l'on a été frappé par la foudre, ce qui reste quand même un tout petit peu exceptionnel. Dans le cockpit, cela a du provoqué un bruit violent mais à l'arrière, (je) n'ai rien entendu, mais bien vu.

On réduit à 220kt et sur le Navigation Display, la route demandée nous rend directement sur le loc de l'ILS de la 26R avec un angle optimal. On traverse la couche, qui est bien là, à Paris. Les pilotes plaisantent sur quelques anecdotes à propos des phares d'atterrissages et autres feux. Les volets sont demandés et sortis progressivement. C'est là que je reconnais le même "flaps twenty" demandé par le PF que sur le DVD. A l'avant, j'ai l'impression de plus ressentir les accélérations (décélérations en l’occurrence) horizontales. Les variations d'assiette sont aussi beaucoup plus visibles, notamment à la sortie des volets et lors de l'interception du glide.

Un peu avant d'intercepter le glide justement, la sortie du train provoque une belle détonation et augmente considérablement le bruit aérodynamique dans le cockpit. Le woopwoopwoop (équivalant au cavalry charge pour Airbus) retentit, l'autopilot est déconnecté. L'immensité de CDG et ses lumières se rapproche, un vol Air France est en approche parallèle. C'est ensuite au tour du GPWS de chanter son décompte "radioaltimétrique". Je ne me souviens pas de la DH ni de Vref. Enfin bon, la piste se rapproche.
"Two hundred. One hundred. Fifty, Fourty, Thirty, Twenty", l'arrondie et "Ten" et c'est le touchdown bien hard ! Ça secoue fortement dans le cockpit. Puis les reverse et l'autobrake sont déclenchés. On a bien intérêt à être attachés si on ne veut pas se retrouver projeté dans le siège d'en face. Des documents posés entre les jumpseats volent en avant pendant le freinage. La roulette de nez percute le sol à son tour. Une fois la vitesse calmée, en dégageant, Philippe rigole de son atterrissage bien que le CDB venait de la qualifier de parfait. "On va aller voir s'il y a des rescapés derrière". Pourtant c'est étrange, à l'arrière l'atterro a été ressentit doux...


Nous voici donc posés et en train de rouler pour le poste qui avait été attribué bien avant l'atterrissage directement par le biais de la compagnie. Sur notre route, un A310 Cotam "Air Sarko" et un nombre indénombrable de magnifiques appareils de tous les horizons.
Une fois au parking, les moteurs sont coupés l'APU en marche. C'est déjà fini ! Le CDB va saluer les passagers à l'arrière, en espérant que ce puisse être bientôt "à (m)on tour" !

Voilà, heureux d'avoir été si bien accueilli pour ce premier cockpit sur une si belle machine et d'avoir rencontré les pilotes !

Vous reprendrez bien un peu d'ATIS Parisien ?



Bienvenue à Paris, il fait 7°C, il fait moche ! =)

1 commentaire:

  1. Parfait ton récit, On s'y croirait!!
    Généralement Air Austral, il y a moins de problèmes pour tenter un Jumpseat que AF ^^ ( j'ai demandé au moins 3 fois avant de faire un jumpseat en A319 af LFPG-LFMT.

    Bons vols

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