Vendredi ! Fin de semaine bien fatigante où l’on va pouvoir se réjouir d’un petit week-end qui passera hélas aussi vite qu’un Concorde au dessus de l’Atlantique !
Je fini à 15h par un cours de latin, direction Cambaie pour un vol prévu à 16h avec Serge. Avec Serge car j’ai décidé d’aller me poser à Bras-Panon !
Bras-Panon est une base ULM située dans l’Est de l’île, elle possède une seule piste en herbe d’à peine 260 mètres ! Et l’approche, à Bras-Panon, il parait que c’est sportif !
Arrivé à la base de Cambaie, un problème se pose, mais il était prévisible : nous avions décidé de passer par l’intérieur de l’Ile pour repérer les terrains qui pourraient se faire adorer en cas de problème … Mais les cirques, en général, sont bouchés l’après midi ! Tant pis, on fera un transit par le Nord avec Gillot.
Félix, le gérant de Félix ULM, insiste sur le fait qu’il ne faille pas poser la machine sur ce terrain, la piste étant accidentée et le S6 F-JMCP ayant connu un problème au train d’atterrissage (rupture de la fourche de roulette de nez), ce qui l’a rendu hors service pendant près d’une semaine, il serait dangereux de faire un complet. Et puis, ce S6 est un appareil école, donc il a connu tous les touchers ratés, ou les « tombés » des élèves et les atterrissage 3 points !
Enfin bon, Serge ne semble pas totalement convaincu d’une telle fragilité… mais assure ce que dit Félix.
C’est parti ! –casque radio – pieds aux palonniers – frein de parking serré – etc…
Mise en route puis roulage pour la 05 et décollage. Vu du ciel, les cirques sont effectivement encombrés. Direction le point d’entrée Ouest de Gillot, Whisky. Cinq minutes avant de contacter la tour, ATIS 126.800 : pluies éparses, vent modéré mais dans les axes.
Nous passons sur 118.400 :
« -Gillot tour de F-CP bonjour !
-F-CP bonjour
- F-JMCP, Ulm en provenance de Cambaie, pour un transit Whisky à Echo, travers Whisky côté relief 2500ft avec India.
-F-JMCP rappelez Sierra 1 »
Nous passons par le relief pour éviter les turbulences du littoral. Le paysage est magnifique, pourtant, rien à voir avec la splendeur des cirques, mais les couleurs de la fin d’après-midi donnent aux forêts de la Grande Montagne une profonde beauté ! (en français, c’est poésie en ce moment ). Mais par ici, aucun terrain de secours, alors on sert les fesses ! Nous arrivons à la verticale de St Denis et Serge me montre un terrain autre que le Golf du Colorado, où l'on
pourrait atterrir en urgence. En pleine ville, un petit parc rectangulaire qui s’étend le long d’une grande voie. J’imagine le bruit que ça ferait, un atterrissage en centre ville du Chef-lieu ! Mais à mon avis, quand ça arrive, on doit beaucoup transpirer ! Je préfère l’idée de la plage !
« -Et puis si tu tombes en panne moteur et que tu peux te poser sans problème sur un terrain, pas de « Pan pan pan » ! Une fois, un pendulaire [il me semble] est tombé en panne au Barachois, il s’est posé sur la plage et en lançant le message d’urgence, il a fait appliquer la procédure à la tour de Gillot qui a fait faire une remise de gaz à un 777 en finale ! »
Alors là ! Un pendulaire qui fait faire une remise de gaz à un triple 7 en finale ! Waouh !
Nous passons sierra unité, la tour nous demande de rappeler Echo.
Nous traversons les averses de pluie et un bel arc-en-ciel se présente devant nous. Il nous entoure entièrement. Ce n’est pas un arc, un arc-en-ciel ? Comme quoi, si on a jamais vu d’arc en ciel depuis les airs, on se trompe !
En tous cas, il est entier et bien beau. En plus, avec les pistes de Gillot en arrière plan, çà donnerait de superbes photos ! Mais bon … On est obligé de plafonner à environ 2500 pieds mais ici, les champs de l’Est s’étalent à perte de vue … « -Comme en métropole ! » - le rêve pour une panne moteur.
L’atmosphère est très calme, je n’ai jamais connu un vol aussi laminaire. Pas la moindre turbulence ! Le terrain arrive droit devant nous, enfin c’est ce que dit Serge ! Moi je ne le vois qu’une fois en longue finale ! En plus, nous étions déjà alignés dans l'axe de la 13 !
Sur Réunion Info 123.500 :
« -Finale 13 Bras-Panon Fox Charlie Papa »
Tiens ! Ils on coupé les végétations en out de piste. Bonne nouvelle.
Je commence par une approche à ma façon : arrivé trop haut et trop vite ! Remise de gaz puis on en refait une plus bas et moins vite. Ca va mais pour un complet, ça le fait pas. Rebelote : Serge prend les commandes et me montre comment atterrir ici.
L’approche est très impressionnante pour un pilote : -on sort les volets, on se met franchement en sous vitesse, sur le fil du décrochage, puis on vise la piste tout en évitant les obstacles et en jouant avec le moteur et le tangage pour garder un plan correct. Pour toucher assez tôt, on doit frôler les arbustes en bout de piste, on arrondit, et ….on …….. touche, tout en gardant la roulette en l’air.
L’approche est très impressionnante pour un pilote : -on sort les volets, on se met franchement en sous vitesse, sur le fil du décrochage, puis on vise la piste tout en évitant les obstacles et en jouant avec le moteur et le tangage pour garder un plan correct. Pour toucher assez tôt, on doit frôler les arbustes en bout de piste, on arrondit, et ….on …….. touche, tout en gardant la roulette en l’air.
On repart et je reprends les commandes. Les tours de pistes sont courts et bas (environ 400ft QFE). Approche correcte, pas vraiment dans l’axe, à 45 mph, avec 20kts de face, ça fait … une vitesse sol de 20 kts ! On retient, on retient et on touche. La roulette se pose en douceur, mais au contact du sol, elle en prend plein dans la face. L’irrégularité du terrain donne comme des coups de marteau dans les jambes, avec des petites détonations. La piste défile vite.
Nous faisons demi-tour et remontons la 13. Je n’imagine pas comment se passe un atterrissage sans vent et avec une piste mouillée. En pendulaire ça va mais en multiaxe … !
« -Il a du y avoir des accidents ici !?
-Oh oui beaucoup ! A une époque, il y en avait quasiment un par semaine ! Ils en ont vu défiler des machines à la réparation ! »
Alignement en 13, on va chercher le moindre centimètre de piste, jusqu’à monter sur une partie de butte en bout de piste. Au décollage, 2 crans de volets, pas 1, ni 3, mais 2 !
Le manche dans le ventre, plein gaz en relâchant les freins. A peine l’avion élancé que le nez se lève, on prend garde de ne pas avoir une assiette trop importante afin d’éviter le tail strike.
Les ailes gagnent leur portance et le train principal quitte le sol. Bye bye Bras Panon !
Retour rapide sur Cambaie avec du vent dans le dos, on vole en croisière jusqu’à 210 km/h. A l’approche du terrain, nous coupons les magnétos pour faire une hélice calée et c’est partit pour un PTS en planeur avec une belle glissade en courte...


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