dimanche 10 mars 2013

Rayer la piste

Petite mésaventure rencontrée en août dernier, lors d'un atterrissage, une journée assez sèche et ensoleillée. A vrai dire il s'agit du premier "incident", mineur, auquel j'ai eu a faire en vol.
De retour d'un vol en montagne d'environ 30', je me présente en intégration semi-directe piste 23 sur le terrain de Cambaie. Le vent n'est pas très fort et pas vraiment établi mais il y a d'autres appareils dans le circuit. L'approche se déroule normalement, les volets sont sortis en fin de vent arrière, un dernier virage à droite, alignement dans l'axe, l'approche du sol se négocie normalement. Le train principal touche le sol le premier, (c'est toujours mieux en classique).

Et c'est au moment du freinage et plus précisément en fin de décélération, au moment où la roulette aurait dû toucher le sol que j'ai été surpris par un beau bruit de ferraille frottant la piste et les vibrations qui vont avec. Et cela venait évidemment de l'arrière...
En effet, le nez venait de monter à peine plus au dessus de l'horizon que d'habitude. Très rapidement je comprends qu'il ne faut pas compter sur la roulette de queue pour la suite de la course.

Il faut alors essayer, tant que possible, de soulager le contact avec le sol à l'arrière. Je freine alors plus franchement avec le manche en butée avant. La machine est arrêtée sur la piste. Et quel beau pied de nez me fait la roulette, qui, lancée dans son élan me passe sur la gauche, et toujours bien alignée !


Je mets quelques secondes avant d'arrêter le moteur, toucher deux mots au passager, lui dire que tout va bien, prévenir les autres appareils en finale et dans le circuit à la radio, qui s'annoncent en remise de gaz. La scène était plutôt amusante. Une fois l'appareil évacué, quelques bras viennent m'aider à sortir par le taxiway central en marche arrière. Il s'agit en fait d'une goupille qui fixait la roulette de queue, qui avait dû se desserrer et quitter la roulette entre le roulage au décollage, (qui s'était déroulé sans signe apparent de problème) et le contact avec le sol, à l'atterrissage.

[La visite prévol avait été effectuée lors du premier vol, par un autre pilote, peut être trop rapidement à cause des contraintes de temps, et d'indisponibilité d'autres machines qui se sont invitées ce jour là. Entre deux rotations, il arrive que le pilote n'ait même pas à descendre de l'appareil, et enchaîne sur le vol suivant.]
Absolument rien d'exceptionnel, aucun problème pour décoller ou atterrir sans le train auxiliaire (du moins en classique =), c'est surtout que ça fait pas mal de bruit, de l’intérieur comme de l'extérieur. La goupille n'a jamais été retrouvée.

On peut par contre s'imaginer que cela aurait pu être plus grave, si la roulette s'était désolidarisée en vol, et qu'elle soit tombée sur une voiture, une maison ou même quelqu'un ! Elle n'est pas bien lourde mais en chute libre depuis quelques milliers de pieds, ça doit faire bien mal !



Après tout, c'est bien sur deux roues que Roland Garros faisait décoller et atterrir son Maurane Saulnier !

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