Et c'est dommage.
Cela fait en effet quelques temps que l'attitude de certains médias, fait preuve d'une grande immaturité en sacrifiant les informations au sensationnalisme médiatique le plus récemment concernant l'enquête menée par le BEA sur le crash de l'A330 du vol AF447.
Déjà depuis l'annonce de ce terrible événement en juin 2009, de nombreuses suppositions avaient été mises en avant par les médias, pourtant bien peu probables, de là à causer un crash, comme le contact de l'appareil avec la foudre .
Mais depuis le remontage des enregistreurs de l'appareil ces dernières semaines, l'influence médiatique est redevenue très forte, après plus d'un an de silence, et semble rapporter des lecteurs aux journaux.
Cependant, certains d'entre eux, ont eu un comportement qualifié d'irrespectueux, certes envers tous les passionnés d'aéronautique mais surtout envers l'équipage et les 216 passagers ayant perdu la vie dans la catastrophe par le SNPL (Syndicat National des Pilotes de Ligne) et le BEA (Bureau Enquête et Analyses) lui même.
Et je partage ces avis. Car moi, qui suis aussi passionné d'aviation que d'accidentologie aérienne, pourtant bien loin d'en être un spécialiste, quand je lis, sur la source aussi réputé qu'est le journal Le Figaro, que des conclusions sont tirées sur la responsabilité d'Airbus dans l'accident le lendemain de la première lecture des enregistreurs, je trouve triste que de telles informations apparemment basées sur aucune source tangible soient divulguées au monde entier.
De ce fait, le BEA ainsi que le SNPL ont réagit et dénoncé le comportement de ce journal.
Mais ce n'est pas tout. Encore hier, j'ai eu la joie de tomber sur d'autres articles d'un autre média tenant des propos aussi étonnants que celui du Figaro, qui titraient : L'AF447 n'a pas foncé dans une turbulence ou encore mieux : L'AF447 n'a pas foncé dans un trou noir … !
Communiqué de presse du SNPL diffusé le 17 mai 2011Aujourd’hui, le SNPL prend connaissance des deux articles publiés lundi soir et mardi matin par le figaro.fr concernant l’accident de l’AF447. Le SNPL s’étonne et regrette que de soi- disant ‘informations’ soient mises sur la place publique de façon aussi précipitée quelques heures après la première lecture des enregistreurs.La seule information tangible fournie par ces articles est qu’Airbus ne recommande pas à ce jour de modification de procédure aux compagnies aériennes. Le SNPL précise que des procédures, et en particulier la procédure de sortie du décrochage, ont déjà été modifiées par le constructeur.En aucun cas la publication de cette note constructeur n’autorise à conclure que l’accident serait dû à une erreur de l’équipage.Le SNPL dénonce avec force ce raccourci journalistique.Le SNPL n’accepte pas que les pilotes morts dans cette catastrophe soient jetés en pâture à l’opinion publique avant l’analyse exhaustive de toutes les causes de l’accident.
Communiqué de presse du BEA diffusé le 17 mai 2011Selon un article paru dans le Figaro dans la soirée du lundi 16 mai 2011, les « premiers éléments extraits des boîtes noires » mettraient Airbus hors de cause dans l’accident de l’A330, vol AF 447, qui a coûté la vie à 216 passagers et 12 membres d’équipage le 1er juin 2009.Sacrifier au sensationnalisme en publiant des informations non validées alors que l’exploitation des données des enregistreurs de vol ne fait que commencer est une atteinte au respect des passagers et des membres d’équipage décédés et jette le trouble parmi les familles des victimes qui ont déjà subi de nombreux effets d’annonce. Le BEA rappelle que, dans le cadre de sa mission en tant qu’autorité d’enquête de sécurité, lui seul peut communiquer sur les avancées de l’enquête. De ce fait, toute information sur l’enquête provenant d’une autre source est nulle et non avenue si elle n’a pas été validée par le BEA.Le recueil de l’intégralité des données contenues dans les enregistrements phoniques et des paramètres du vol nous donne aujourd’hui la quasi-certitude que toute la lumière va pouvoir être faite sur cet accident.Les enquêteurs vont maintenant devoir analyser et valider de multiples informations. Il s’agit d’un travail long et minutieux et le BEA a déjà annoncé qu’il ne publiera pas de rapport intérimaire avant l’été.A ce stade de l’enquête aucune conclusion ne peut être tirée.
Outre le non sens de ces « accroches », le contenu n'était pas mal non plus...
Usant du sensationnalisme, Europe 1 nous informe d'une « nouvelle révélation sur le crash du vol Rio-Paris » et semble s'en vanter, allant à l'encontre la politique du BEA.
Ce qui suit nous informe avec certitude qu'il n'y a pas eu d'erreur dans la trajectoire de l'A330, « d'après une source proche du dossier » et que les pilotes n'auraient pas « foncé » dans une zone de turbulence, seule hypothèse ayant pourtant été faite par les spécialistes, toujours d'après le journal ...
Puis fait son apparition la notion de décrochage qui est alors la cause de la chute de l'avion.
Enfin, chose qui peut être autant prise à la rigolade par certains que sérieusement par d'autres,
« Airbus n'avait pas envisagé la possibilité qu'un A330 tombe d'un coup et Air France n'avait pas formé ses pilotes à tel scénario. »
Ben voyons !
Après tout, Airbus n'est qu'un tout petit avionneur et les A330 sont connus pour leurs décrochages et leur insécurité ! Et puis Air France ne forme sûrement pas ses pilotes à rattraper un décrochage, quelle idée ! Ce ne sont que des pilotes !
Bien évidemment, ceci n'est que mon point de vue aujourd'hui, il n'est forcément pas juste mais c'est ainsi que j'ai interprété ces événements, venant de sites d'informations pourtant sensés rester un minimum objectifs.

Comme tu l'as dit , "les médias s'excitent".
RépondreSupprimerD'ailleurs les pilotes Air France en milieu de carrière voir la fin avec des heures de vol au compteur impressionnantes sur A330, selon la presse, n'étaient pas du tout opérationnel, en gros qu'ils ne savaient pas piloter, sortir d'un décrochage.. c'est logique non? =)
Futur intox, à suivre !
':O
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