samedi 8 décembre 2012

Posts inédits

         Il arrive parfois de retrouver de vieilles choses, qui traînent, perdues sur un vieux disque dur, des photos, des vidéos, ou encore des récits.
         J'ai redécouvert, il y a peu de temps un article égaré dans un dossier, daté de juillet 2010, dans lequel je raconte un vol d’entraînement précédant l'emport passager, autant dire que ça remonte !
C'est toujours une drôle d'impression que de se relire plusieurs années plus tard, de se replonger dans l'état d'esprit dans lequel on était à l'époque, de se souvenir de tout ce qui nous a marqué et se rendre compte à quel point les choses ont changé. C'est souvent à ce moment qu'on se rend compte des progrès, de ce qui a évolué dans la représentation qu'on se fait du vol, et de tout ce qui gravite autour ... et en général, ça fait plutôt sourire ...

Vol du 9 juillet 2010

Vendredi. Ce matin, direction le collège pour une dernière fois. Les résultats tombent aujourd’hui. Résultats :  ADMIS MENTION TRES BIEN, reste à voir les notes. La journée donc commence bien mais sans surprise.

En milieu d’après midi, je suis en route pour Cambaie. Au programme, une trentaine de minutes en double toujours pour continuer le programme emport passager.

Ces deux derniers vols, j’ai principalement travaillé sur la panne moteur et surtout sur ce qu’il faut faire pour ramener le passager et machine de préférence avec le moins de dégâts possibles, au sol (encadrements, PTS,…), en campagne et dans le circuit.
J’arrive à la base, peu de vent  mais avec une petite composante 05. On s’installe, démarrage moteur, puis on roule au point d’arrêt où l’on restera un petit moment le temps que l’axe se dégage et que le moteur chauffe. Au programme, PTS, passages en rase et une approche « Boeing ». Les PTS, ça va, les passages aussi mais l’ « approche Boeing » … ! C’est un truc qu’il veut me montrer, qui fonctionne au moteur,  mais je n’en sais pas plus. Un truc de nouveau, c’est chouette !
Ce sera de la 23 mais il faudra surveiller la composante en contre QFU. Bout de piste, demi-tour et décollage.
On commence par un tour de piste standard pour « se chauffer ». J’arrive trop bas en base et relance avec le moteur, un peu trop d’ailleurs puisque nous serons finalement trop longs et beaucoup trop vites. Du coup, on décide d’en refaire un, lequel sera parfait. Maintenant, on va se mettre aux  PTS. On commence en 23, trop court et c’est limite. Souvent, j’arrive trop court lors de PTS. Je dois m’habituer à être trop haut que pas assez.
Dans ce dernier cas, on ne peut pas vraiment faire grand-chose de plus que cabrer dangereusement et caresser le décrochage. Les PTS qui suivent se passent bien, encore un peu court en 05 mais ça va.

A présent, nous allons faire des passages en rase. On s’aligne dans l’axe, comme pour une finale normale, on sort les volets ou on peut rester en lisse (pour pouvoir dépasser la VFE), et on passe à 2 m de la piste en gardant les gaz pour entretenir une vitesse supérieur à la VFE, 70mph ici, jusqu’à la fin de la piste où l’on lève le nez pour gagner de l’altitude. Nous en faisons 2 ou trois. Je pense que cela doit correspondre à l’exercice de tenue d’axe dans le programme de l’emport passager.
Après ces exercices, Serge veut me montrer cette fameuse approche Boeing – approche au moteur. A environ 1000ft, il s’agit de mettre l’avion en palier et de simuler une panne en roulis et en profondeur. En gros, plus de manche ! A partir de ce moment, le contrôle roulis se fait par roulis induit, en jouant légèrement sur les palonniers et le contrôle de profondeur au moteur et au trim. Bon ce n’est pas pour aujourd’hui ! Il s’occupe de me montrer comment ramener la machine au sol dans cette situation. C’est plutôt délicat, il faut enfoncer très légèrement le palonnier et par à coups  pour en induire du roulis. En finale, sans manche, la moindre rafale fait basculer sur le côté et évidemment, une belle rafale nous balaye en courte. Serge arrive tout de même à récupérer une inclinaison nulle en trichant, au manche. Le sol de rapproche et le plan n’est pas très stable. On touche, rebond, et on repart … avec manche ! Il dit qu’il ne faut pas s’entraîner à cela en tout cas pour l’instant et je le comprends tout à fait ! Mais c’est une chose à savoir… qui sait ? Ca pourrait très bien arriver au prochain vol … dans ce cas, je pense que je prendrai la direction de Gillot pour être sûr d’avoir de l’espace. Mais encore faudrait-il que le vent soit calme… Ce qui n’est pas souvent le cas dans le Nord !
Pour conclure ce vol riche en découvertes, on termine en hélice calée. Pour cela, situation de PTE, et on coupe le moteur. L’hélice s’arrête doucement. Pour refroidir le moteur, Serge pique du nez l’appareil et nous fait prendre de la vitesse. Ceci fait, je reprends les commandes pour une PTS hélice calée.
Quand le moteur s’arrête, c’est magnifique. On se sent glisser dans les airs, plus aucune vibration, et juste le bruit d’écoulement de l’air. Ca me donne même des frissons ! C’est … le vol ! Mais tellement agréable. Rien que pour cela, je pense qu’en cas de panne moteur, je serai plus calme. Enfin, il ne faut pas trop l’être non plus ! Et ça m’étonnerait que l’on puisse s’endormir en cas de panne moteur… : P
Je devrais essayer le planeur !
Atterrissage tout en douceur. C’est ainsi que se termine ce vol.
Après avoir enregistré le temps de vol, Serge m’explique ce qu’il me demandera pour l’examen : quelques questions théoriques (altitudes de survol, conditions VMC, météo) et le reste sera du pratique : prévol détaillée, PTS, PTE, panne moteur en campagne et dans le circuit, peut-être décrochages et sorties de vrille, tenue d’axe. Il m’expliquera également comment briefer le passager avant le vol.
Je devrais passer l’examen dans 15 jours, avec une semaine d’entraînement solo !!! Je ne pensais pas que ça se passerait aussi vite ! Je suis très impatient d’emporter mon premier ou plutôt ma première passagère qui ne sera personne d’autre que ma mère. Mais il ne faudra pas s’enflammer le jour J car la concentration devra être maximale pour assurer la meilleure sécurité pour ce premier passager de mon expérience en tant que pilote. Même en avion, nous sommes tous dans le même bateau !

Reste maintenant à m’entraîner aux pannes moteur dans le plus de situations possibles pendant les trois prochains vols.



3 commentaires:

  1. Très sympa comme récit et que d'expérience acquise.
    Tu as raison. Des fois c'est intéressant de regarder un peu dans le rétro et de voir le chemin parcouru. Mais avec l'âge, il faut avoir de plus en plus une bonne vue. LOL
    J'aime bien ta phrase : "Même en avion, nous sommes tous dans le même bateau".
    C'est bien une phrase d'insulaire, ça. ;-)

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  2. Oui, tout évolue tellement vite !
    Haha oui je l'avais trouvée pas mal à caser ici ;)

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